TESO, enquête publique complexe et concertation chaotique

 

ENQUÊTE PUBLIQUE

 

 

 

97% des projets soumis à enquête publique en France sont acceptés avec ou sans réserves.

 

 

 

TESO n'a pas fait exception à cette règle implicite : la Commission d'enquête (CE) a accepté l'ensemble des 5 projets qui lui étaient soumis.

 

La participation a été forte. Il faut dire que les métiers de la construction ont sollicité largement leurs adhérents, quelle que soit leur lieu de vie, afin qu'ils donnent un avis positif aux projets dont ils espèrent tirer bénéfice. Ainsi un maçon charentais a compté autant qu'un riverain de l'avenue de Lyon qui en sera chassé.

 

Tous les arguments avancés par les contributeurs n'ont pas fait l'objet d'une égale attention des commissaires. Le volet mobilités et ses conséquences sur la pollution a été totalement sous-estimés pour TESO dont les développement futurs (bureaux, logements, commerces) sont tout à fait incompatibles avec la voirie actuelle ou prévue. Pour compenser sans doute, la Commission préconise d’implanter les établissements accueillant des populations sensibles à l’écart des boulevards à fort trafic et d’étudier les différents moyens envisageables pour améliorer la qualité de l’air dans le secteur.

 

Nous n'aurons ainsi que nos yeux pour pleurer. Et prendre connaissance des statistiques de morbidité due à la pollution...

 

 

 

TOUR OCCITANIE

 

Malgré le peu d'enthousiasme manifesté par la CE dans son rapport en ce qui concerne les dépenses énergétiques et l'empreinte carbone (les tours ne font plus partie du modèle de sobriété énergétique du futur), elle passe outre aux dangers représentés par le manque d'expérience en ce qui concerne les tours arborées. Le rapport ne mentionne même pas les conditions de vent extrêmes déjà relevées à Toulouse, et se contente d'une citation en guise de remède aux « collisions mortelles contre les vitres [qui] constituent l’un des plus grands problèmes de protection des oiseaux de notre monde civilisé ».

 

A la lecture du rapport on ne peut que se rappeler que la présidente de la Commission d'enquête est la même personne qui a préconisé en 2016 la modification du PLU pour permettre, à l'emplacement du tri postal, une construction d'une hauteur de 150 mètres. Et s'interroger sur la nature des relations entre le préfet, qui nomme les commissions d'enquête, et le Maire qui promeut les promoteurs immobiliers.

 

Rapports de la commission d'enquête :
http://www.haute-garonne.gouv.fr/content/download/30786/205939/file/1%20Rapport%20TESO.pdf

 

http://www.haute-garonne.gouv.fr/content/download/30787/205943/file/2%20Conclusions%20TESO.pdf

 

 

 

 

 

  date de création 10 mars 2019

Rappel de l'historique du projet et des positions défendues par l'association Chalets-Roquelaine.

 

L'enquête publique est close depuis le 30 avril.

Plus de 1300 contributions ont été déposées sur les registres d'après la Dépêche du 3 mai. C'est bien pour la démocratie, bien que la participation de certains ait été largement téléguidée par des incitations du promoteur qui a même distribué dans le quartier des tracts erronés que La Dépêche a étrangement relayé dans ses colonnes.

Ces participations, souvent anonymes et laconiques, ne le sont pas toutes. En googolant certains noms de dépositaires on trouve facilement des gens appartenant au monde de la construction et n'habitant pas forcément à Toulouse : entrepreneur de maçonnerie de Ruffec (Charente), ou une autre de Saint-Girons... Un publicitaire de Neuilly/Seine ("conseil pour les affaires" d'après l'INSEE) vante le projet TESO et "l'architecture exceptionnelle de la tour"...vue du pont de Puteaux sans doute ?

Beaucoup plus moderne, et responsable, est la démarche suivie à Strasbourg avec la tour Elithis même si la hauteur commence à faire beaucoup...

 

 

 

Concertation chaotique

 

Après la réunion bronca du 13 mars 2018 à l'Espace Vanel, il avait été convenu avec le Maire que le plan guide 2016, défini grâce à la première concertation, qui a eu lieu de 2013 à 2016, constitue la base des discussions en 2019.

Après une relance tardive de la « concertation », un premier atelier (le 5 mars 2019) a permis de découvrir de nouveaux éléments, déjà évoqués en juin dernier mais n'ayant jamais fait l'objet de  discussion préalable : les hauteurs prévues pour les immeubles de Raynal (24 m dans le plan-guide, 60 m maintenant) et Cheminots - Saint-Laurent - Périole (12m dans le plan-guide de 2016, 35 m maintenant), la tour Occitanie (50 m en 2016, 150 m maintenant) et l’emprise au sol qui n’est plus réglementée (100% de surface constructible).

Les concertés, se sentant un peu escroqués, ont créé un collectif réunissant 11 associations, dont Chalets-Roquelaine. Il proteste, pacifiquement mais fermement, contre l'imposition de telles dispositions qui vont à l’encontre des accords précédents.
Il réclame simplement un retour au plan guide négocié de 2016.

Chacune des associations de quartier a participé à la rédaction de deux documents sur TESO et la tour. Ce sont : Cheminots-Saint Laurent, Lapujade, Michel-Ange, Chalets-Roquelaine, Etoile de Belfort, Marengo-Bonnefoy, AQMJC, Bien Vivre à St-Aubin, Non au Gratte-Ciel de Toulouse – Collectif pour un urbanisme citoyen.

Les documents sont téléchargeables ci-dessous.

 

Nos arguments sont exposés juste après (Circulation et pollution et paragraphes suivants)

 

Participation des association de quartier à l'enquête publique TESO, partie 1
TESO - Part 1.pdf
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Participation des association de quartier à l'enquête publique TESO, partie 2
TOUR - Part 2.pdf
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Circulation et pollution

 

Sur les 40ha de la ZAC, le projet comporte d'importantes surfaces de bureaux et de logements.

 

Sur ce périmètre, et indirectement sur le périmètre du projet urbain, la circulation augmentera en proportion du nombre d'employés, de riverains et des nouveaux échanges commerciaux nécessaires à la vie de ces quartiers. Les ambitions de TESO indiquent : 300 000 m² de bureaux, 2 500 logements, 50 000 m² de commerces. Ce qui correspond à des prévisions de 20 000 employés de bureau (15 m²/employé), 5 500 habitants (2,2 hab. / logement) et 12 500 employés de commerce (4m² / employé), environ 45 000 personnes avec les visiteurs, dont on ne peut déduire qu'une faible partie habitant et travaillant sur place. Si on y ajoute le projet de tour (13000 m² de bureaux, 126 logements, 1 hôtel + 2 restaurants, de nombreux commerces) on trouve près de 50 000 personnes.

 

A raison d'un aller-retour travail par jour pour la moitié d'entre eux (objectif 2030 du PDU mobilités : 54% des Toulousains circuleront avec leur voiture, contre 73% en 2013), cela met plus de 50 000 personnes par jour sur les bords du Canal, unique ou presque voie d'accès, plus du double du flux actuel (40 000 v/j d'après l'avis de l'Autorité environnementale). Ces 50 000 mouvements semblent avoir été effacés des bords du Canal par le SGDD (?) évoqué à plusieurs reprises dans les documents joints à l'EP. On croit comprendre qu'il s'agit du Système de Gestion Globale des Déplacements -SGGD- qui doit avoir été utilisé en oubliant des éléments importants à l'entrée du modèle ou avec un paramétrage défectueux.

 

 La nouvelle rue Raynal, plutôt orientée nord-sud, ne peut pas beaucoup décharger la circulation le long du canal. Sa présence ne pourrait, au contraire, que ramener au centre, à travers les échangeurs de Croix Daurade et des Izards, les véhicules du périphérique saturé et ceux des boulevards Silvio Trentin et Pierre Curie qui ne le sont pas moins. Complétée par la rue de Périole et le boulevard des Crêtes elle pourrait même constituer une section propice à la création d'une dérivation catastrophique pour la santé entre différents échangeurs nord / ouest et sud-est (ci-dessous à gauche).

 

Une voie Raynal qui pourrait compléter un "shunt" vers le sud-est pour les véhicules en provenance du nord ou de l'ouest
Une voie Raynal qui pourrait compléter un "shunt" vers le sud-est pour les véhicules en provenance du nord ou de l'ouest

Souvent évoquée comme étant la solution de tous ces maux, la 3ème ligne de métro se disqualifie avant de naître en privilégiant un trajet desservant des quartiers à urbaniser ultérieurement ou déjà desservis (Jean Maga, Sept Deniers stade, Fondeyre, La Vache, Toulouse-Lautrec...) et pas les quartiers les plus peuplés (Purpan, Sept Deniers centre, Ponts Jumeaux, Brouardel, Héraclès, J. d'Arc, Chalets). Ces boucles du trajet de référence -inutiles sinon pour des développements immobiliers futurs- décourageront beaucoup d'automobilistes d'abandonner leur volant (ci-dessous).

Tisseo a choisi un tracé au nord dans des "zones en devenir" au lieu d'un trajet centre beaucoup plus peuplé
Tisseo a choisi un tracé au nord dans des "zones en devenir" au lieu d'un trajet centre beaucoup plus peuplé

Dioxyde d'azote et particules fines

Ce surplus de flux automobile entrainera le doublement des excès de dioxyde d'azote NO2 et de particules fines, toxiques à la fois pour le système respiratoire et le système cardio-vasculaire, déjà largement hors normes à l’heure actuelle.

Voir le Monde 12 mars 2019 : La pollution de l'air tue deux fois plus que ce qui était estimé

La Charte de l'environnement précise qu'il est du devoir de chaque citoyen de protéger son environnement. Les statuts de l’Association précisent également son objet, dont la sauvegarde de l'environnement et du cadre de vie des résidents du quartier.

Il est donc du devoir de chacun d'entre nous de donner un avis négatif sur le développement de TESO tant que le plan de circulation qui devrait l'accompagner n'a pas été communiqué ni concerté sincèrement, jusqu'à ce qu'il soit satisfaisant pour la santé des riverains.

 

Carte extraite du PLUiH 2017 -( 3C5 Risques et nuisances). Les zones mauves indiquent les excès de NO2, les traits roses définissent l'exposition aux bruits, il manque les zones de dépassement pour les particules fines, surtout PM2,5 peu mesurées.
Carte extraite du PLUiH 2017 -( 3C5 Risques et nuisances). Les zones mauves indiquent les excès de NO2, les traits roses définissent l'exposition aux bruits, il manque les zones de dépassement pour les particules fines, surtout PM2,5 peu mesurées.

Circulation de transit

 

Argument supplémentaire, la saturation des boulevards et du Canal incite les automobilistes à emprunter les petites rues traversant le quartier des Chalets, développant une importante circulation de transit incompatible avec le réseau viaire et une vie de quartier. Dès aujourd'hui, ces milliers de voitures se pressant aux heures de pointe dans un quartier où la ventilation naturelle est bien moindre que sur les grands axes, ont pour conséquence une accumulation des polluants insupportable pour les habitants. Surtout ceux qui ne peuvent aérer leur logement qu'en ouvrant côté rue quand ils ne bénéficient pas d'un logement ayant des ouvertures côté jardins.

 

Extrait du dossier d'enquête publique mars-avril 2019 (quartier des Chalets en haut à gauche)
Extrait du dossier d'enquête publique mars-avril 2019 (quartier des Chalets en haut à gauche)

Les déplacements en modes doux nécessitent des aménagements pour prendre le relais des autres modes

 

On peut imaginer répartir à égalité dans une première approche ces 50 000 trajets/jour supplémentaires sur les moyens mis à disposition des usagers :

  • métro ligne A, qui semble pouvoir absorber effectivement 10 000 mouvements de plus à Marengo
  • métro 3ème ligne TAE, à la condition que son trajet desserve effectivement les stations les plus peuplées actuellement non desservies (voir paragraphe ci-dessus)
  • Lignes SNCF, si, comme nos l'espérons, l'étoile ferroviaire se développe, et les bus (4 actuellement plus 2 linéo)
  • modes doux, à la condition que les pistes piétons/cycles soient effectivement utilisables, ce qui n'est pas le cas aujourd'hui
  • véhicules particuliers, en espérant que les normes antipollution satisfassent aux conditions sanitaires (disparition du NO2 dû aux moteurs, diminution des particules fines) donc que le parc ait été renouvelé en véhicules électriques.

 

Ces déplacements à vélo et à pied constituent aujourd’hui la seule alternative réelle à l’excès de pollution. A défaut de l’imposer, il faut inclure leur facilitation dans tous les projets urbains. En particulier, il est nécessaire de travailler sérieusement les points suivants avant le commencement des développements immobiliers :

 

  • La peinture verte sur le boulevard Matabiau est censée protéger les cyclistes, mais ceux-ci, effrayés par une circulation auto débridée, préfèrent slalomer entre des voitures garées sur le trottoir côté immeubles. Pour encourager les futurs usagers de TESO, il faut aménager une vraie piste cyclistes/piétons comme celle réalisée sur l'autre rive.

 

  • Une passerelle Concorde-Raisin semblait acquise dans le projet TESO. Elle ne figure pas dans l'avis d'enquête publique, son absence ne peut qu'encourager les usagers à conserver leur voiture incompatible avec la santé publique. Cette passerelle, étudiée par l'équipe de Joan Busquets, est pourtant le bon moyen pour drainer une grosse partie des usagers du futur TESO en direction du centre et des lycées et facultés.

 

  • Il est également nécessaire de réaménager la rue Matabiau et l'avenue de Lyon, dont les trottoirs étroits et pollués sont actuellement dissuasifs pour les déplacements piétons et vélos.

 

  • Enfin, la réorganisation du carrefour rues Merly/Concorde/boulevard d’Arcole/Chalets est également une priorité dans la sécurisation des déplacements des piétons et cyclistes qui doivent pouvoir traverser les boulevards en sécurité pour atteindre leurs destinations.

L'absence de planification de la mise en place des liaisons mode doux est une raison supplémentaire pour donner un avis négatif au premier objet de l'enquête publique.

 

Une passerelle confortable mais oubliée dans le dossier pour les piétons et les cyclistes entre Concorde et Raisin (étude BAU - J. Busquets). Piétons et cyclistes n'émettent aucune pollution.
Une passerelle confortable mais oubliée dans le dossier pour les piétons et les cyclistes entre Concorde et Raisin (étude BAU - J. Busquets). Piétons et cyclistes n'émettent aucune pollution.

Équipements collectifs

 

Génération après génération, les élèves du collège des Chalets passent beaucoup du temps alloué à l’éducation physique et sportive dans des autobus coincés dans les embouteillages.
Le projet TESO comporte la création d'une crèche publique et d'un gymnase. Ces équipements sont réclamés par notre quartier depuis plus de 20 ans. Il faut que leur dimensionnement tienne compte des besoins des deux quartiers Chalets-Roquelaine ET Raisin-Raynal, voire des besoins des quartiers limitrophes souvent aussi démunis.

En l'absence de précision, les habitants des Chalets ne peuvent que donner un avis négatif.

 

Tour Occitanie

 1 - La tour symbole

Aucune raison sérieuse n'a encore été avancée pour en justifier l'existence.

Sa première caractéristique est la hauteur de 150 mètres, plus de deux fois plus que les immeubles environnants. Le souhait de ses partisans est qu'elle soit vue de partout, de tous les Toulousains et visiteurs.

Si elle doit être vue de tous les Toulousains, il faut que tous puissent se prononcer sur l'opportunité de la construire, et pas seulement un faible nombre de concitoyens contraints-et disponibles- de lire -et comprendre- les 3372 pages du dossier de l'enquête publique. Pour faciliter leur choix, il est nécessaire d'installer pour quelques jours un gabarit composés de ballons à l'endroit prévu pour la construction de cette tour. Chacun pourra alors vérifier si les images perspectives fournies dans le dossier (PC_6) sont réalistes (deux sur quatre indiquent, au moment de l'enquête, des points de prise de vue erronés).

 

Le deuxième argument le plus utilisé est que cette tour constitue un Symbole, un signal fort...
De quoi, de qui ?

Le discours officiel nous rebat les oreilles en cherchant une légitimité du côté :

  • de la LGV, dont les hoquets renvoient maintenant une possibilité de financement après 2027
  • du Canal et de ses platanes -souvent atteints mortellement du chancre coloré- Plutôt que d'en revendiquer un parrainage il vaudrait mieux œuvrer pour les remplacer.
  • des tours des Capitouls (et pas les "campaniles" indiqués dans le dossier, bâtis pour héberger des cloches) qui servent à abriter, depuis le 16ème siècle, l'escalier de desserte des bâtiments attenants et culminent généralement à 25 mètres et pas à 155 (exceptionnellement 26,50 pour l'hôtel de Bernuy). Mais, probable point commun, la plupart ont été construites par des propriétaires soucieux de se montrer plus forts que les voisins.

En étant plus réaliste (mais moins poète) on peut évoquer les principaux points négatifs suivants :

  • Symbole d'un autre âge, celui d'un capitalisme triomphant né au 19ème siècle, et perpétué au 20ème dans les monarchies pétrolières et les dictatures asiatiques. Sans oublier la tour Trump sur la 5ème avenue new-yorkaise dont on n'a plus besoin de vanter les mérites du constructeur-propriétaire.
  • Signal de l'abandon d'une LGV trop coûteuse et d'un A380 non rentable.
  • Signal de la ségrégation entre riches et pauvres due au refus délibéré d'accueillir des logements sociaux.
  • Signal du refus de dialogue avec les habitants pour en justifier la nécessité, qui ne réside plus que dans la conséquence d'une proximité trop grande des politiques avec le monde de la promotion immobilière.
  • Signe d'une consommation excessive d'énergie pour le chauffage, la climatisation, la construction de la tour répondant aux normes RT 2012 d'il y a 7 ans, oubliant les normes RT2020 qui doivent entrer en vigueur dès l'an prochain et obligent à une autosuffisance énergétique (ce qu'on ne sait pas encore faire pour des bâtiments hauts de plus de 60m).
  • Signe de la création d'ilots de chaleur urbaine, ayant 3 origines incontournables : la dispersion des calories nécessaires au chauffage et à la climatisation, la réflexion des rayons solaires qui réchauffent les matériaux alentour qui restituent ensuite les calories accumulées, ceci d'autant plus que les bâtiments élevés freinent le vent et le refroidissement nocturne qui en résulte (voir schéma plus bas).
  • Signe de l'imposition d'une ombre envahissant les quartiers environnants, environ 10 000 personnes seraient concernées autour de cette tour. La perte d'ensoleillement sur les rues proches pourrait alors dépasser 200 heures annuellement (225 au carrefour rues Bayard et Lafon) et plus d'un millier sur le parvis Canal (3 heures/jour d'octobre à mars).

  • Signe d'une menace permanente pour l'avifaune qui ne manquera pas de heurter les immenses surfaces vitrées promises, de surcroit en partie traitreusement habillées par les plantes. https://abonnes.lemonde.fr/big-browser/article/2019/04/08/chaque-annee-des-millions-d-oiseaux-migrateurs-se-tuent-contre-les-vitres-des-gratte-ciel_5447497_4832693.html?xtref=https://www.lemonde.fr/

  • Signe encore de la végétation cache-misère du combiné ferraille-béton-verre anti écolo. «Le plus grand bouquet de fleurs que j'ai jamais fait» avoue Nicolas Gilsoul, architecte et paysagiste-alibi et metteur en scène.
    Quand un bouquet est fané, on le jette. Avant 10 années, les containers à plantes seront saturés par les racines, comment et qui changera les plants et la terre là-haut quand le promoteur aura quitté Toulouse ? Et, en attendant, quelle
    consommation d'eau potable pour l'arrosage de cette végétation ?

  • Signe de vent tempétueux
    - Dans les notices décrivant le terrain (PC-4) les rédacteurs se montrent optimistes : "certains [vents] peuvent provoquer des bourrasques jusqu'à 110 km/h ...[auxquelles] il faut ajouter des effets de vortex..."
    - Mais, dans l'évaluation environnementale dont les sources proviennent de la Météo nationale, on lit "le nombre de jours moyens où des rafales de vent d’une vitesse supérieure à 16 m/s sont observées est de 51. Il s’agit généralement du vent d’autan ..." (pièces B_4 du dossier d'enquête). C'est aussi la vitesse du vent à partir de laquelle la plupart des jardins publics sont fermés à Toulouse. Selon le site wind-data.ch (Office fédéral de l'énergie helvétique), à une bourrasque de 16m/s au sol (57km/h) correspond, à 150m, un ouragan de 113 km/h. (Les marins diraient force 12). Inversement, la vitesse de 60 km/h à 150 m correspond à une vitesse au sol d'environ 30 km/h, ce qui est beaucoup plus fréquent et constituerait le signal de fermeture du jardin-terrasse prévu aux niveaux supérieurs.
    - Si on se montre encore moins optimiste, on peut reprendre les relevés effectués au cours de l'orage du 7 août 1989  : 144 km/h à Blagnac (40m/s), ce qui promettrait 282,6 km/h au sommet de la tour ... en admettant que le sommet culmine encore à 150m après un tel cyclone.
    Référence un peu plus proche, la tempête Lothar a dévasté
    , dans la journée du 26 décembre 1999, les forêts de France, de Suisse, d'Allemagne et du Danemark, causant des dommages sans précédent avec des vents au sol jusqu'à 259 km/h. Qu'en aurait-il été au sommet d'une tour de 150 m ?

    Ce souvenir n'efface-t-il pas toute référence aux tours des capitouls ou aux arbres du Canal ?

 

à gauche derniers épisodes de vent dans la région (pièce B-4 état initial) - à droite profil vertical du vent de 10 à 150m de hauteur
à gauche derniers épisodes de vent dans la région (pièce B-4 état initial) - à droite profil vertical du vent de 10 à 150m de hauteur
Source origine USEPA (U.S. Environmental Protection Agency)
Source origine USEPA (U.S. Environmental Protection Agency)

 

Il nous faut revenir à des valeurs exemplaires et pérennes, en phase avec les exigences d’aujourd’hui, ne rejetant pas grossièrement l’apport, déterminant pour les transports collectifs, de la gare du 19ème siècle et du Canal du 17ème, deux monuments historiques dont on devrait être respectueux et préserver les richesses patrimoniales.

Là encore, un avis négatif semble s'imposer pour la tour (objet 4 de l'enquête publique) dont l'utilité, loin d'avoir été prouvée, n'est justifiée que par des motifs immatures ou mercantiles.

 

2 - Pour un projet urbain cohérent et convivial

Le saucissonnage proposé pour le développement du projet TESO (chaque parcelle devant faire l'objet d'un appel d'offre spécifique) fait craindre une incohérence globale. Déjà, poser une tour fréquentée par plus de 3000 personnes entre les deux parvis les plus importants de la gare est contraire à la nécessité de désenclavement, réalisé grâce à la mise en place de quatre parvis au lieu d'un. Cette tour serait un abcès dans la circulation autour du projet.
Il faut revenir à un plan d'ensemble en osant une architecture à échelle humaine respectueuse de l'environnement et des habitants, leur permettant d'échanger et dialoguer en se regardant autrement que par Internet et réseaux sociaux.

Les plus de 2 millions de signataires de l'Affaire du siècle devraient inspirer le commanditaire et sa maîtrise d’œuvre en faveur de la création d'un quartier autosuffisant en énergie.

Les promoteurs veulent nous imposer une vie "à l'américaine" ou "à l'Abou Dhabi" dans des immeubles démesurés. Pourtant, de nombreux Toulousains contents et fiers de l'être, veulent continuer à vivre "à la Toulousaine". Cette vie semble enviée par beaucoup de Français qui cherchent à s'implanter dans la région, ce qui n'est surtout pas une raison pour vouloir faire un urbanisme démesuré pour "densifier".
Le quartier des Chalets est un des plus denses de Toulouse, nous y vivons bien et nous souhaitons y rester.

 

 

L'enquête publique

Un seul avis sur le boulevard pour l'enquête publique : souci d'économie ou de discrétion ?
Un seul avis sur le boulevard pour l'enquête publique : souci d'économie ou de discrétion ?

 

Une affiche au métro Jeanne d'Arc annonce l'enquête publique préalable

 

- à la délivrance du permis de construire de la tour Occitanie
- à la déclaration d'utilité publique des travaux nécessaires à la réalisation des opérations structurantes de Toulouse EuroSudOuest
- à la détermination des parcelles à déclarer cessibles
- à la mise en compatibilité du plan local d'urbanisme de Toulouse Métropole, commune de Toulouse, et du plan local d'urbanisme intercommunal tenant lieu de programme local de l'habitat, en cours d'approbation
- au classement/déclassement des voiries.

 

Nous ne pouvons que vous encourager à donner vos avis, quels qu'ils soient, lors de cette enquête.

 

Voir aussi Actu-Toulouse 12 mars 2019

 

 

Extraits de l'affiche (recollés)
Extraits de l'affiche (recollés)

 

En ce qui nous concerne, cette enquête qui couvre des objets multiples apparait comme un moyen de noyer plusieurs poissons du même coup :

- une tour de 150m,
- la restructuration du secteur av. de Lyon,
- les expropriations,
- la modification du PLU (mise en compatibilité*),
- la voirie du secteur.

Toutes méritent mieux qu'une enquête de 45 jours pour engager définitivement des générations de Toulousains et de visiteurs.
Il faut un vrai débat démocratique permettant de déterminer un vrai plan d'urbanisme (et d'urbaniste), et arrêter les modifications à la sauvette même si elles sont appuyées sur ... 3372 pages de dossier.

 

L'AVIS NÉGATIF JUSTIFIÉ PRÉCÉDEMMENT CONCERNANT LE PREMIER OBJET DE L'ENQUÊTE PUBLIQUE NE PEUT QU'ENTRAINER DES AVIS NÉGATIFS POUR LES OBJETS 2,3 ET 5 QUI DÉCOULENT DU PRÉCÉDENT.
ON A VU QUE LA TOUR NE PRÉSENTAIT AUCUNE JUSTIFICATION SÉRIEUSE POUR SON EXISTENCE MAIS BEAUCOUP DE CONTRE-INDICATIONS POUR L'ENVIRONNEMENT ET LA DÉMOCRATIE. NOUS Y APPORTERONS DONC UN CINQUIÈME AVIS NÉGATIF.

 

*La mise en compatibilité est là pour permettre des opérations immobilières qui ne peuvent qu'apparaître, ainsi que le déclarait l'ancien directeur d'Europolia, comme étant "de bonnes affaires".

La procédure de mise en compatibilité du PLU - qui permet d'aller plus vite qu'une révision en brûlant certaines étapes, (ainsi aucun rapport de concertation n'est requis) suppose que le projet soit d'intérêt général (ou reconnu d'utilité publique). Ce n'est, aujourd'hui, le cas d'aucun des objets de cette enquête.

 

 

 

Comment répondre à l'enquête publique ? (EP)

Les enquêtes publiques précédentes ont montré que les partisans des gratte-ciel étaient bien organisés pour répondre en réclamant toujours plus de béton. La commissaire enquêtrice a elle-même fait preuve d'une partialité inattendue lors de l'EP de modification du PLU de juin 2017:« La CE considère qu’il n’est pas souhaitable de supprimer toute limitation de hauteur pour ce projet et préconise de déterminer une hauteur maximale permettant de réaliser un véritable élément signal en matière architecturale se distinguant nettement des immeubles voisins : une hauteur maximale de 150 m nous semble raisonnable en l’espèce ».

 

Il faut qu'un maximum d'habitants se mobilisent pour donner leur(s) point(s) de vue en se connectant du 14 mars au 30 avril inclus http://www.haute-garonne.gouv.fr/Publications/Declarations-d-intention-enquetes-publiques-et-avis-de-l-autorite-environnementale/Operations-d-amenagement-et-infrastructures-de-transport/Enquetes-publiques-en-cours-ou-programmees/Projet-Toulouse-EuroSudOuest-TESO

 

 

Attention : dans la rédaction des avis il vaut mieux exprimer un avis personnel, en particulier en relevant les gênes apportées de façon factuelle par le gratte-ciel et les bâtiments énergivores, la pollution automobile, l'ombrage, les destructions patrimoniales…) sans faire trop de copier-coller, mal vus par les commissaires enquêteurs.

 

 

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Commentaires: 1
  • #1

    Olivier (mardi, 16 avril 2019 14:34)

    Merci à vous pour ce travail difficile, car c'est un dossier bien lourd!
    Au delà de la Tour je me prononcerai également négativement pour ce projet à cause de son non engagement vis à vis de la circulation auto de transit et la pollution. Le dossier présente des relevés de pollution aux NOx place Roquelaine qui dépassent aujourd'hui les critères de qualité: place Roquelaine au coeur de l'axe de transit auto rues Falgarde/Matabiau, où passent tous les jours les écoliers et leurs parents, en plein pic de pollution avéré puisque écrit noir sur blanc dans ce dossier. Or la mairie ne s'engage PAS à la réduction de pollution (là aussi c'est écrit) sur un flux auto qui pourrait doubler avec TESO! Inacceptable selon moi. C'est un problème de santé publique qui concerne les enfants d'aujourd'hui et pour les 20 prochaines années.
    Olivier, résident du quartier